Dieu Seul, La Famille ….

Nous sommes toujours dans l’Action de Grâce pour les 125 ans
de présence missionnaire au Canada de notre famille spirituelle, la Sainte-Famille de Bordeaux, arrivée au Canada le 16 septembre 1901.
C’est à Montréal, que fut célébré en premier lieu ces 125 ans avec les associés laïques, les soeurs apostoliques, les séculières consacrées, les Jeunesse Sainte-Famille et les enfants de Nazareth et le prêtre associé Sainte-Famille, l’abbé Pascal.

La célébration Eucharistique fut célébrée par Mgr. Lépine, archevêque de Montréal. Son homélie porta sur l’esprit de La Sainte-Famille de Bordeaux en deux volets : Dieu Seul et La famille. Nous vous partageons le texte de son homélie qui nous invite à aller toujours plus loin dans notre amour de Dieu Seul et notre amour de la famille.
Homélie de Mgr. Lépine lors de la Célébration des 125 ans à Montréal
VOTRE NOM, UNE VOCATION… UNE MISSION…
Dieu Seul pour certains ce n’est pas important. Un autre pourrait dire : oui, c’est important, mais il ne faut pas oublier l’amour du prochain. Alors, qu’est-ce que cela veut dire Dieu Seul, Gloire à Dieu Seul ?

Est-ce que cela veut dire l’autre n’est pas important. C’est exactement le contraire parce que ce qui est important pour Dieu, c’est toute l’humanité, tout être humain.
Dire Dieu Seul, c’est élargir notre coeur, notre âme, notre esprit à toute l’humanité. Dieu Seul c’est important. C’est la devise de votre famille spirituelle.
Comment apprendre à vivre en disant Gloire à Dieu Seul ! si, ce n’est avec la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph pour qui la devise était Dieu Seul. C’est l’esprit qui anime la Sainte-Famille de Bordeaux.
La question devient toujours : Est-ce que j’y crois ? Est-ce que nous y croyons? Est-ce que Dieu Seul c’est comme une devise que nous disons une fois par année, où, si, c’est une vie qui nous anime chaque jour ?
Dieu Seul, c’est ce que vous évoquez dans votre famille spirituelle, vocationnelle, et souvent cité par les membres de la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph.
Dieu Seul, c’est chercher la volonté de Dieu. Pensons à Marie : Qu’il me soit fait selon ta Parole. Pensons à Joseph qui obéit à ce que lui demande l’ange. Pensons à Jésus qui dit à Dieu son Père : Éloigne de moi ce calice, mais que ta volonté soit faite et non la mienne. Dieu Seul c’est certainement une quête, une recherche ardente, fidèle, quotidienne de la volonté de Dieu.
Dieu Seul, on peut l’enrichir d’une autre dimension, ça veut dire aussi, par Dieu, pour Dieu, par sa volonté. Ça veut dire aussi par Dieu, par Lui, par sa grâce, par sa lumière, par sa vie, par ses dons.
On ne peut vivre Dieu Seul sans Dieu. C’est par Dieu que l’on vit pour Dieu. Vivre par Dieu, pour Dieu, c’est vivre pour la Gloire de Dieu.
L’autre facette de votre spiritualité c’est le mot famille, la Sainte-Famille. Un nom c’est aussi une vocation. Le monde de notre temps a ses grandeurs mais n’a pas seulement des grandeurs.


ON LE SAIT, MAIS ON NE LE SAIT PAS ASSEZ…
Si je vous demandais, quel est le plus grand besoin de notre temps ? Quelle est la réalité dans notre monde que si nous nous en occupions nous règlerions bien des problèmes. Dans quelle direction pouvons-nous regarder aujourd’hui ? C’est devant nos yeux. Pour une raison ou une autre nous ne voyons pas; on le sait un peu mais on ne le sait pas assez… C’est la famille. Nous vivons dans un temps en Occident où l’État c’est très important. Devant l’État il y a des individus, la famille s’est évanouie. Où est la famille ? Moi, je dirais c’est la misère de notre temps.
Dans le mot Sainte-Famille, il y a la famille. Vous ne pouvez pas avoir le mot famille dans votre communauté, dans votre famille spirituelle ou religieuse sans avoir la famille comme champ d’actions.
Le monde a besoin de Dieu.
Les familles ont besoin de Dieu.
Les familles ont besoin de la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph.
Vous êtes la famille de la Sainte-Famille de Jésus, Marie et Joseph, famille diverse dans ses vocations : soeurs apostoliques, contemplatives, laïques associés, prêtres associés, consacrées séculières, jeunes et enfants de la Sainte-Famille. Dans votre mission il y a l’enseignement, le soin des malades, le soin des pauvres, l’éducation de la foi…
Comment la famille peut-elle être au coeur de votre mission ? Ce n’est pas évident. On le sait, mais on ne le sait pas assez…
Dans les groupes, nous parlons de la pastorale, nous parlons de tout, de tous les besoins de la planète, sauf un, lequel ? La famille. Nous ne parlons pas de la famille. Pourquoi ? C’est quoi notre problème ? Nous sommes trop dans l’air du temps où la famille c’est secondaire. Nous opposons individu et famille. L’individu est premier dans la société, l’État. Mais, où est la famille ?
J’aime bien l’expression de dire que la famille c’est la brebis perdue de notre temps. Sommes-nous à la recherche des familles ? Allons-nous à la rencontre des familles ? C’est dans votre nom Sainte-Famille…
Levez-vous ! Croyez-y ! Allez à la rencontre des familles !

La terre a soif, la famille a soif. La famille ne sait plus où aller, ne sait plus quoi penser, elle ne sait plus comment traverser les épreuves. Où sommes-nous ? Où sommes-nous dans notre Église ? Nous parlons de la famille, est-ce que nous sommes là pour la famille ? Oui, mais pas assez…
Prions pour que Dieu fasse grandir notre amour de la famille. Prions pour que Dieu nous fasse lever pour la famille.
Voulons-nous nous lever pour la famille?
De façon mystérieuse la foi en Dieu et la famille c’est vraiment Un d’une façon mystérieuse. C’est comme un fait. Lorsque la foi faiblit, la famille faiblit. Lorsque la famille se fortifie, la foi se fortifie. Il y a comme un lien étonnant entre les deux.
La Sainte Famille de JMJ nous ne pouvons pas dépasser ça. Nous ne pouvons pas dire il y a eu un temps dans l’Église où la Sainte famille de JMJ c’était important, maintenant ça n’a pas besoin d’être important. Non, la famille de JMJ sera importante jusqu’à la fin du monde.
Dieu Seul nous ne pouvons pas dire il y eut un temps c’était important comme au moyen âge, mais aujourd’hui on est rendu ailleurs, nous allons construire un monde meilleur. Nous sommes excellents pour parler d’un monde meilleur, nous sommes très bon mais pour le construire nous sommes moins bon. Est-ce que nous pouvons construire un monde meilleur sans Dieu ? Non. C’est la tour de Babel. Nous sommes dans la division, nous sommes dans la fragmentation. Mais nous disons : Par où commencer? Par Dieu, par la famille.

En 1820, aux racines de la fondation de l’Association Sainte-Famille, voici ce que notre fondateur proposa aux premiers associés laïques Sainte-Famille à travers le Catéchisme de persévérance de la Sainte-Famille :
1. « Imiter les vertus cachées que Jésus, Marie et Joseph pratiquaient dans la maison de Nazareth.
2. Imiter le zèle de la Sainte Famille pour la gloire de Dieu et le salut du prochain en embrassant toutes les oeuvres qui leur seraient ménagées par la divine Providence.
3. Imiter la charité qui unissait si étroitement ensemble les coeurs de Jésus, Marie et Joseph, de façon à ce que, quelle que fut la diversité de leurs travaux, ils ne fissent eux-mêmes qu’une seule famille consacrée à Dieu seul, en Jésus, Marie et Joseph. » (Livre : Le Père Noailles p.77)
Le catéchisme de persévérance de la Sainte-Famille ne tarda pas à prendre une grande extension; mais toutes les personnes pieuses qui s’y agrégèrent n’avaient ni la volonté, ni la faculté, d’y contracter les mêmes obligations. C’est ainsi que sont nées les différentes vocations Sainte-Famille. Une Famille unie dans la diversité des vocations vivant du même esprit que la famille de Jésus, Marie et Joseph dans l’amour de Dieu seul en toutes choses. (Livre : Le Père Noailles p.77)